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La découverte
récente
des Sources
de « La Doctrine Secrète » |
| de H.P. Blavatsky face
aux allégation de René Guénon |
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ne autre pièce à conviction peut être désormais
versée
au dossier des sources authentiques de la Doctrine
Secrète de Mme Blavatsky : rappelons qu'elle-même
prétendait tirer celle-ci, non seulement d'une tradition
orale du « Bouddhisme ésotérique », mais d'« un
livre si ancien qu'il est le modèle d'après lequel a été compilé,
le livre de Kiu-Té »
Le livre qu'elle fait connaître sous ce nom est aussi
celui auquel fait fréquemment référence le Maître K.H.
dans les Lettres
des Mahatmas. Imposture
parmi d'autres a-t-on prétendu de ce livre, et a fortiori
de celui plus ancien qui est donné par H.P.B. comme son
prototype.
On peut répondre aujourd'hui aux petits maîtres de la
négation : depuis l'invasion du Tibet par la Chine
et le pillage de ses trésors littéraires par les troupes
de Mao Zedong, on a identifié les
Livres de Kiu Té. Ils ont été étudiés par
M. David Reigle sous le titre : The
Books of KIU TE — or the Tibetan Budhists Tantras — a
preliminary analysis, Wizards Bookshelfs, San Diego,
1983.
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Photographie
d'un manuscrit rare, copie de Phak-pa-Jam-pal-gi-Tsa-way-Gyud, (Hphags
pa Hjam dpal-gyi Rtsa wahi Rgyud) :
Skt : Arya Manjushri
Mûla Tantra : signifiant : «Traité Original
(Livre Racine) du Dieu de la Sagesse »,
concernant la Doctrine Kalachakra
telle qu'elle fut originellement enseignée par le
Seigneur Bouddha et faisant partie du Kanjur (Bkah-'gyur), « Traduction des Commandements » canon
du Bouddhisme tibétain. Le texte est écrit
en or et argent sur du papier tibétain
laqué, chaque folio mesurant 64,5 x
15,5 centimètres.
Afin de le préserver,
le manuscrit fut confié à la
garde d'un des fonctionnaires accompagnant
feu le Tashi Lâma lorsque Sa Sainteté s'enfuit
du Tibet.
Document extrait
de l'ouvrage « Le
Livre Tibétain de la Grande Libération »
de
W.Y. Evans-Wentz - Éditions Adyar |
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La singulière négation dont a été entourée l'existence
de ces livres est due au simple fait que l'orthographe
des traductions du tibétain n'était pas encore fixée à l'époque
de Mme Blavatsky et, de surcroît, celle-ci donnait à une
citation qu'elle commente dans La
Doctrine secrète une référence bibliographique dont
le titre était approximatif. Il s'agit de l'édition de
1876 et 1879 de « Narratives
of the Mission of George Bogle to Tibet, and of the Journeys
of Thomas Manning to Lhasa ». par Clements
Robert Markham. H.P.B. l'avait simplement mentionnée sous
le nom de « Markham's Tibet ».
C'est dans ce livre que figure un appendice intitulé « Une
brève description du Royaume du Tibet » écrite
en 1730 par le moine capucin Horatio Della Penna… (p.
309 et sq. comme indiqué), lequel cite — pour les tourner
en dérision — des livres tibétains qui sont
appelés
selon lui «… les lois de Dote et
l'autre… Kiute ».
Comme l'écrit le tibétologue David Reigle :
« Il est maintenant
facile de voir que les deux divisions, le Dote
et le Kiute, sont le mDo-sde et le rGyud-sde
respectivement; ou les divisions (sde) des Sutra
(mDo) et du Tantra (rGyud) de la parole du Bouddha,
le Kandjur ».
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Le seul fait que, pendant un siècle, on n'ait pas même
pris la peine d'effectuer le rapprochement de entre le rGyud
sde et la mention du KiuTe, déjà effectuée
par Della Penna, en dit long sur la compétence et la bonne
foi d'orientalistes qui se gaussent encore de l'œuvre de
Mme Blavatsky… tout en l'ignorant délibérément.
Les commentaires secrets et les textes tantriques — c'est à dire
magiques — constituent donc le rGyud-sde
(Kiute) au sein du Canon Bouddhiste formé par le Kandjour et
le Tandjour, comme H.P.B.
le prétendait et comme l'avait dûment signalé un haut dignitaire
du Lamaïsme qu'elle cite, le « Chohan
Lama, chef des Archives de la bibliothèque secrète du Dalaï Lama
et des Lamas Rimpoche de Tashi-Lumpo ». (Cf.
Tibetan teachings in C.W., VI, pp. 98-100. )
A propos de ces commentaires, dont Mme Blavatsky disait
qu'ils étaient au nombre de 14, M. David Reigle remarque :
« Il y a des raisons
de croire que des citations de ces quatorze volumes
de commentaires existent dans certains commentaires
accessibles que l'on trouve dans la partie Tanjour
(bsTan-'gyur; également Bstan-hgyur) du canon
bouddhiste tibétain.
« Une tradition
très
répandue — déjà mentionnée
au quatorzième siècle par Budon (Bu-ston 1290-1364)
dans son Histoire du Bouddhisme
(Chos-'byun) et rapportée plus tôt encore dans
les commentaires du Kiu-te (rGyud-sde) eux-mêmes — parle
de versions originales plus étendues des livres
de Kiu-te, qui ne peuvent être trouvées parmi
les textes connus en Inde ou au Tibet, mais
qui peuvent être trouvés uniquement dans des
lieux comme Shambhala, etc.
« Certains grands
instructeurs,
comme Âryâsanga, sont réputés avoir eu accès à ces
livres et certains ont écrit des commentaires
qui les citent.». (Op. cit. p. 3) |
Il s'agit donc ici d'une mention
autochtone de commentaires occultes perdus, en provenance
de Shambhala, la cité mythique des Bouddha. Pour
mesurer la fiabilité des informations données par Budon,
il convient de se souvenir que ce fut précisément lui
qui fut le premier éditeur tibétain du Kandjour et
le compilateur du Tandjour.
M. David Reigle précise de surcroît :
« … Ces deux collections
manuscrites étaient conservées dans le petit
monastère de Narthang (sNar-than), situé environ
six miles au sud-ouest de Shigatsé (gZis-ka-rtse – demeure
des Mahâtmâs associés au mouvement théosophique),
et elles devinrent la base des éditions blockprint
ultérieures du canon. C'est ainsi qu'elles furent
connues comme la « vieille édition de Narthang ».
(Op.
cit. p.11. ) |
Enfin, le fameux « Livre de
Dzyan », dont les Stances sont le fondement
de La Doctrine
secrète, était présenté par
H.P.B. comme le premier de ces
14 commentaires secrets sur le Kiu
Te. Et le tibétologue d'énumérer cinq raisons
d'identifier ces Stances à « la version plus étendue » du
commentaire du premier des
grands textes du Kandjour,
le Kâlachakra Tantra :
-
Le texte abrégé qui subsiste du Kâlachakra est
toujours placé en tête des textes du Kanjour; pareillement,
H.P.B. situe le Livre Dzyan comme
le « premier des volumes de commentaires » du Kiu
te.
-
La localisation du plus grand centre
d'étude du Kâlachakra était
le monastère de Tashi Lhunpo,
adjacent à la résidence des Maîtres de Mme Blavatsky, Shigatsé.
-
La référence à Shambhala est
constante, dans la littérature théosophique, comme source
de ses enseignements; elle est pareillement la référence
du texte du Kâlachakra.
-
Seul, le Kâlachakra,
parmi les livres de Kiu te,
accorde à la cosmogenèse et à l'anthropogenèse une place
centrale. C'est également le cas des Stances
de Dzyan dont La Doctrine secrète est un commentaire.
-
Le terme Dzyan est
une transcription phonétique tibétaine du sanskrit Jnâna,
la Connaissance-sagesse. Jnâna est également
le titre de la cinquième et dernière section du Kâlachakra.
Ainsi, il existe aujourd'hui davantage de raisons de considérer
les Sources de La Doctrine Secrète comme authentiquement
fondées dans la Tradition Occulte Tibétaine que de le mettre
en doute. Certes, ce résumé bref et partiel des travaux
de M. David Reigle ne rend pas compte de toute la subtilité de
ses arguments et de l'étendue de l'information qu'ils dispensent.
Il donnera néanmoins au lecteur une idée de l'actuel état
des questions, lequel détruit complètement les arguments
de R. Guénon.
Enfin, la question des sources originelles de la Doctrine
reçue par Mme Blavatsky peut nous ramener brièvement à un
autre débat : nous avons déjà eu l'occasion de nous
demander quel crédit il fallait porter à la double affirmation
suivante de R. Guénon : « … il
semble bien établi que Mme Blavatsky n'alla jamais dans
l'Inde avant 1878, et que, jusqu'à cette époque, il ne
fut jamais question des « Mahatmas » ; la
suite en fournira des preuves suffisantes. » (Théos,
pp. 15-16).
Le fait a déjà été relevé qu'aucune
des preuves promises n'est donnée dans la suite de son
ouvrage. Celui-ci n'est qu'un « savant » dosage
de conjectures et d'affirmations gratuites. Nous avons
déjà fait remarquer que cette accusation d'imposture
procède de la plus insigne mauvaise foi : ceux qui
connurent Mme Blavatsky avant 1878, notamment sa tante
et sa sœur, attestent de sa référence à ses Instructeurs
bien avant cette date (en fait dès son enfance et, par
la suite, lors de son séjour en Russie pendant les années
1859-1864 — sa référence à ce que H.P.B. appelle à l'époque
des Radja-Yogis).
D'autres témoignages ont été donnés au cours du récit
qui corroborent la réalité de ses voyages, notamment les
témoignages recueillis par H. S. Olcott.(Voir Authenticité des
Sources de la Doctrine Secrète). Pourquoi R.
Guénon, sans sa grande « probité », les a-t-il
délibérément ignorés ?
La conclusion s'impose que si René Guénon et ceux qui
se réclament de son école jouissent, dans certains milieux
intellectuels « traditionalistes », d'une réputation
d'érudits consciencieux, cette réputation est totalement
surfaite. Car ce n'est pas seulement sur le terrain de
la rigueur anecdotique (nécessaire toutefois à ses démonstrations)
que ce mentor peut être pris en défaut de raconter n'importe
quoi. Dans ses polémiques dirigées contre le « Néospiritualisme »,
son œuvre philosophique elle-même se montre ornée par davantage
d'outrecuidance que de véritable instruction.
Répondre point par point à l'ensemble de son œuvre demanderait
de lui consacrer des centaines de pages, identiques à celles
qui précèdent. Ce serait là une coupable perte de temps
et d'énergie, deux atouts précieux dont la dilapidation
figure parmi les « Signes des Temps » — titre
d’un de ses ouvrages — dont l'inventaire lui fut
si cher.
Nous conclurons par des appréciations pertinentes, l’une
sur René Guénon et deux autres sur H.P. Blavatsky.
-
La première fut livrée par Jacques
Bergier dans « l’Encyclopédie
de l’Inexpliqué » : « Il [R.
Guénon] estimait parfaitement
inutile de donner des références sur ce qu’il affirmait.
C’est bien regrettable... Personnellement, j’aurais plutôt
tendance à admettre que le peu que je sais de la Tradition
ne donne pas l’impression que Guénon ait eu accès à ce
domaine ».
-
La deuxième, sur H.P.B., nous est
donnée par D.T. Suzuki (Maître de Bouddhisme Zen) dans « Eastern
Buddhist (Old Series) » :« Il
ne fait aucun doute que Mme Blavatsky a été initiée,
d'une manière ou d'une autre, à l'aspect le plus profond
des enseignements du Mahâyâna et qu'elle a ensuite révélé ce
qu'elle a jugé sage de donner au monde occidental sous
le nom de Théosophie ».
-
La troisième enfin, du Tibétologue
D. Reigle dans « Light on
the Dzyan : Kalachakra », Symposium on H.P.Blavatsky’s
Secret Doctrine » (voir Authenticité des
Sources de La Doctrine Secrète) : « Depuis
l’identification évidente des Livres de Kiu Te (rGyud-sde)
comme étant les Tantra bouddhistes tibétains, en 1981,
je me suis longtemps douté que le « Livre de Dzyan »,
duquel les Stances de « La Doctrine Secrète » étaient
traduites, pouvaient être le Mûla (Racine) Kâlachakra
Tantra perdu. »

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