 |
La Comtesse Constance Wachtmeister
(1838 - 1910) |
|
La Doctrine Secrète
et Mme Blavatsky
|
|
de Constance Wachtmeister
|
|
Un volume
|
|
et ouvrage a été publié en Angleterre en 1893, deux ans après
la mort de Madame Blavatsky.
L’auteur, la Comtesse Constance Wachtmeister, partagea les
dernières années de la vie de l’Occultiste russe alors que
celle-ci commençait à écrire son chef d’uvre, « La
Doctrine Secrète ».
Elle fut le témoin constant des « phénomènes »
occultes qui ont entouré la vie de Madame Blavatsky en général
et l’écriture de cet ouvrage, en particulier. Son récit revêt
donc un caractère précieux car il nous permet non seulement
de comprendre l’action des Mahatmas dans cette entreprise
de divulgation de la Sagesse Occulte mais aussi de pénétrer
la vie intime d’H. Blavatsky, saisir ses réflexions et surtout
son grand cur.
Voici ce qu’en dit Constance Wachtmeister :
« Ce serait une tâche difficile
que de donner une relation complète et détaillée de tout
ce qui se passa pendant la préparation de ce remarquable
ouvrage, car il ne faut pas oublier que « H.P.B. »,
[surnom d’Helena Petrovna Blavatsky formé de la première
lettre de son prénom, son nom patronymique et de son nom]
ainsi qu’elle l’a souvent déclaré elle-même, ne fut que
la compilatrice de ce travail. Derrière elle se trouvaient
les vrais instructeurs, les Gardiens de la Sagesse Cachée
des Âges, qui lui enseignèrent toute la Science Occulte
qu’elle transmit ensuite dans ses écrits. »
« Son mérite consista, en partie,
à être capable d’assimiler les connaissances transcendantes
qui lui furent révélées et à être un précieux messager de
ses Maîtres ; d’autre part, à être merveilleusement
apte à mettre l’abstruse métaphysique orientale sous une
forme intelligible aux Occidentaux, en procédant à des vérifications
et en faisant des comparaison entre la Sagesse Orientale
et la Science Occidentale. »
« Je désire communique au lecteur
tout ce que je sais des difficultés et des désespoirs qui
l’assaillirent au cours de son travail. La mauvaise santé,
la vie errante, l’entourage défavorable, le manque de matériaux,
la défection de faux amis, les attaques ennemis, furent
des obstacles qui entravèrent son travail.... ».
Il est patent que l’auteur de la « Doctrine
Secrète » souffrit beaucoup, surtout dans les dernières
années de sa vie, en ayant à assumer la rédaction de cette
œuvre dans des conditions épouvantables, tant au plan moral
(le discrédit, les accusations monstrueuses qui s’abattirent
sur elle, la défection de ceux qu’elles croyaient fidèles...)
qu’au plan physique et matériel (impécuniosité, santé plus
que déficiente).
Un témoignage extraordinaire est livré dans cet ouvrage ;
c’est une lettre que reçut la Comtesse Wachtmeister, après
le décès d’H. Blavatsky, par un homme qui ne voulut pas révéler
son nom ; aussi la Comtesse veilla-t-elle à satisfaire
ce désir de discrétion en ne mentionnant que les initiales :
R.S... Et à ce jour, jamais cette
identité n’a été révélée.
A elle seule, cette lettre donne une idée, faible encore
peut-être, de ce que, derrière de l’humour, de l’emportement,
de l’apparente démesure de son caractère, était réellement
Madame Blavatsky.
Elle est reproduite en grande partie ci-après, et sera la
clôture à la présentation au public de cette fin de siècle
de celle qui fut l’Émissaire des Maîtres de la Sagesse.
|
Lettre privée signée R.S.
reçue entre 1891 et 1893
par la Comtesse Wachtmeister
|
« Chère Comtesse Wachtmeister, »
« Puisque vous préparez un livre sur la manière dont
H.P.B. écrivit « La Doctrine
Secrète », vous pourriez peut-être y joindre un aperçu
de sa méthode d’enseignement personnel pour ses élèves résidant
au loin. »
« Personne jusqu’ici n’a écrit sur ce sujet, et moi-même
je ne pourrais pas le faire si mon nom devait être mêlé à
ce récit. Cependant, je pense que vous et beaucoup d’autres
accepterez mes déclarations, étant donné surtout que vous
avez eu la preuve que c’est bien ainsi que je reçus mon enseignement,
comme sans doute le reçurent d’autres personnes dont aucune
d’ailleurs n’est connue de moi.[....] »
« Vivant à quelques milliers de milles de l’Angleterre,
je n’ai jamais rencontré Madame Blavatsky en personne. Il
y a maintenant sept ans que pour la première fois j’entendis
parler d’elle et de la « Théosophie ». Comme beaucoup
d’autres personnes de ma connaissance, ce fut en parcourant
la brochure de la Société de recherches Psychiques qui dénonçait
H.P.B. comme une simulatrice et assurait que la calomnie Hodgson-Coulomb
était l’expression de la vérité. [...] Je n’ai pas l’habitude
de juger les gens sur quelques actes particuliers mais sur
le résultat de tout leur enseignement ou de toute leur vie.
H.P.B. elle-même écrivait vers cette époque : « Suivez
le Sentier que je montre et les Maîtres qui sont derrière ;
ne suivez ni moi, ni mon Sentier. »
« J’interprétai d’abord cette phrase comme indiquant
qu’il en était pour elle comme pour les autres humains communément
exposés à ne pas appliquer dans leur vie les vérités qu’ils
enseignent et qu’ils seraient heureux d’atteindre. Par suite,
j’étais enclin à appliquer à Madame Blavatsky, le courageux
Messager, cet indulgent jugement dont nous demandons le bénéfice
pour nous-mêmes en pareil cas. »
« Bientôt cependant, je commençai à me rendre compte
par ma propre expérience qu’elle n’était pas ce qu’elle semblait
être. Sur ce point je n’insisterai pas si ce n’est pour dire
que la conviction que j’acquis m’amena à demander à H.P.B.
de m’instruire ; et le fait que j’eus pleinement confiance
et que je crus en elle fut précisément ce qui me valut la
réalisation de mon désir. L’esprit de foi développe dans notre
aura et dans nos corps subtils des états magnétiques et très
attractifs très différents des états de contraction et de
lourdeur que provoque l’esprit critique et de doute. Une véritable
accélération vibratoire de mon aura et de mes corps subtils
se manifesta et celle de mon aura était perçue même par des
personnes à qui mes pensées et mes attaches théosophiques
étaient complètement inconnues. [...] »
« La situation était alors celle-ci. J’habitais à une
grande distance de Madame Blavatsky et elle mourut avant que
je l’aie rencontrée. Je n’étais pas et je ne devins jamais
un « psychique » dans le sens où ce mot est habituellement
employé. Je n’ai aucun désir de posséder « des pouvoirs »
et ne suis jamais demeuré en état de « méditation »
ou de « concentration ». [...] Je n’étais et ne
suis pas végétarien. Je n’ai fait aucun voeu d’ascétisme.
Je n’ai jamais fait dans ma vie d’expériences « psychiques »...
« Quand H.P.B. m’eut accepté comme élève, aucune règle
ne fut établie, aucun plan ne fut dressé. Je continuai à me
livrer à mes occupations journalières et la nuit, lorsque
j’étais plongé dans un profond sommeil, une vie nouvelle commençait.
Le matin, en sortant d’un sommeil si profond que je conservais
encore la position de la nuit, je me rappelais très nettement
que j’étais allé auprès de H.P.B. et il en avait été ainsi.
J’avais été reçu dans des chambres dont je pouvais donner
la description - ainsi que je le fis d’ailleurs - à ceux qui
vivaient avec elle, signalant même les endroits usés ou troués
des tapis. A la première rencontre de ce genre, elle me fit
savoir qu’elle m’acceptait comme élève et pas autrement. Après
cela elle me reçut d’une autre façon, me montrant des images
qui passaient comme des panoramas sur les murs de la chambre. »
« Il y en a bien peu que je pourrais décrire avec des
mots car ces apparitions comportaient simultanément :
mouvement, vibration, formation d’un monde sortant du premier
noyau, « Esprit se matérialisant » dans une forme,
mouvement devenant conscience et se précipitant dans mon cerveau
comme l’image d’un fait ou d’une vérité. [...] Beaucoup d’autres
choses, que je ne peux indiquer, me furent enseignées, telles
que des événements à venir - qui sont actuellement en cours
de réalisation - et des faits encore inconnus relatifs à la
vie d’autres personnes de la S.T. »
« D’autres fois, mais plus rarement, je me réveillais et
voyais H.P.B. debout au pied de mon lit et, tandis que je
me redressais en m’appuyant sur le coude, son langage par
signes commençait. Les harmonies de la Nature remplissaient
la chambre éclairée par la lune pendant que les merveilleuses
images passaient sur le mur. Tout cela m’était parfaitement
objectif. J’étais pleinement conscient de tout ce qui m’entourait,
de tous les bruits naturels de la nuit [...] Toutes les expressions
du visage d’H.P.B. m’étaient devenues familières. Je la revois
encore enveloppée dans sa vieille robe de chambre - quelle
vieille robe jamais tant chérie ? - ouvrant l’espace
devant moi et se montrant alors dans l’expansion de son être
réel. »
« J’ai à peine une demi-douzaine de lettres d’elle
et ces lettres ne contiennent aucun enseignement ; elles
ont trait aux affaires extérieures de la Théosophie et n’ont
rien que cette particularité. [...] »
« Il y a des personnes qui espèrent nous faire croire
que H.P.B. n’était rien de plus qu’un chéla (disciple) finalement
rejeté. Mais actuellement les choses qu’elle a prédites continuent
à se réaliser avec exactitude, même celles qui nous éprouvent,
même certains événements auxquels H.P.B. nous avait préparés
en nous avertissant à l’avance. Aussi, tout le tapage et tout
le bavardage, l’agitation et les révélations, nous laissent-ils
froids et les apôtres d’un enseignement révisé montrent qu’ils
ignorent ce qu’elle a donné comme directives - directives
qu’ils ne savent pas trouver. La preuve sans cesse renouvelée,
la preuve toujours vivante, nous l’avons. »[...]
« Peu de jours après sa mort, Madame Blavatsky m’éveilla
la nuit. Je me levai, n’éprouvant aucune surprise mais seulement
le doux plaisir habituel. Elle fixa mes yeux de son regard
léonin. Alors elle devint plus mince, plus grande et sa forme
prit un aspect masculin ; puis, lentement, ses traits
changèrent jusqu’à ce que j’eusse devant moi un homme de haute
stature et plein de force. Les derniers traits de H.P.B. se
confondirent avec ceux de l’homme et il ne subsista plus que
le regard léonin avec le rayonnement pénétrant de ses éclairs.
L’homme leva la tête et dit : « Témoignez !».
puis il sortit de la chambre, posant, en passant, la main
sur le portrait de H.P.B. Depuis cette époque, il est venu
me voir plusieurs fois pour m’apporter des instructions -
en plein jour - pendant que je travaillais activement ;
et une fois il sortit d’un portrait de H.P.B. »[...]
« Voilà quel était, dans les nuits harmonieuses,
l’enseignement de H.P.B. qui écrivait : « Mes
jours sont mes Pralayas et mes nuits mes Manvantaras »
« Bénis vraiment sont ceux qui ont participé à ses
Manvantaras et qui n’ont pas vu et cependant ont cru ».
R.S. [1]
LA DOCTRINE SECRÈTE ET MME BLAVATSKY
Wachtmeister Constance | Éditions
Adyar | 70.00 FRF / 10.67 Euros
[1] Rudolf Steiner (1861-1925)
avait 25 ans lorsqu’il entendit parler pour la première
fois d’H.P. Blavatsky en 1886.
|