| PRÉFACE
insi qu’il l’avait promis dans ses deux précédents ouvrages, Franz
Bardon vient de publier son troisième livre concernant le Langage
Universel : « La Clé de la Véritable Kabbale ».
Ceux qui ont déjà bien progressé dans l’étude de la Spiritualité,
c’est à dire dans la Science Hermétique, en effectuant un travail
sur eux-mêmes seront heureux de cette parution ; selon l’expérience
acquise, ils se verront confortés dans l’idée que le Chemin qu’ils
ont entrepris est le plus sûr et que cet ouvrage répondra sans aucun
doute à toutes leurs attentes.
De nombreux scientifiques qui ont été amenés, du fait de leur grand
intérêt pour la Kabbale, à entreprendre l’étude de cette Science
au regard de diverses théories, seront frappés d’étonnement devant
le contenu de ce livre ; même si ce sentiment n’est pas immédiat,
ils admettront très vite que toutes les méthodes spécifiques à la
Kabbale révélées dans cet ouvrage, — qu’ils acceptent ces dernières
ou non et dont la variété, la richesse et la vérité qu’elles recèlent
sont largement reconnues — diffèrent beaucoup de celles qui
ont été décrites dans les livres publiés à ce jour.
En effet, même les bibliothèques les plus cachées et les plus secrètes
des Monastères d’Orient — que l’on appelle aussi « Ashrams » —,
inaccessibles à la plupart des êtres humains, ne peuvent se vanter
de posséder les secrets de la Véritable Kabbale, tels que ceux qui
sont très clairement décrits ici. C’est pourquoi, même ceux qui
en possèdent déjà une bonne connaissance admettront, après voir
lu ce livre, qu’ils ont encore beaucoup à apprendre avant de s’arroger
le titre de « véritables Kabbalistes ». En conséquence,
après mûre réflexion, le lecteur sera convaincu qu’il détenait un
Enseignement incomplet et poursuivra son étude en se fondant sur
les méthodes ici présentées.
Au cours de l’Histoire de l’Humanité, de nombreux Kabbalistes ont
consacré leur vie à une recherche assidue mais infructueuse sur
l’Imprononçable Nom de Dieu que les hommes ont perdu depuis la nuit
des temps. Après une étude sérieuse de ce troisième livre, le chercheur
aura soudain l’impression de vivre un miracle ; il comprendra
qu’un immense trésor lui a été confié par la Divine Providence lorsqu’en
récompense de ses efforts sincères mais stériles, le Véritable Nom
de Dieu lui sera, entre autres choses, révélé de la façon la plus
simple qui soit. Cette extraordinaire récompense sera donnée à tous
ceux qui sont en quête de la Vérité et pour qui ces trois ouvrages,
uniques dans la Littérature Occulte, ne représenteront pas simplement
une lecture intéressante mais seront bien à l’origine de l’authentique
impulsion de pratiquer la Magie et la Kabbale.
Otti Votavova
INTRODUCTION
'ai intitulé mon troisième ouvrage d’Initiation à la Science Hermétique
« La Clé de la Véritable Kabbale », ce qui, à proprement
parler, implique l’existence d’un lien entre la Théologie et la
Connaissance du Verbe. Lorsque l’on s’engage dans l’étude de
la Théurgie, l’on doit, dans tous les cas, avoir franchi un cap
sur le Chemin de la Magie ; cela signifie que l’on doit maîtriser
parfaitement les pratiques décrites dans mon premier livre, « Le
Chemin de la Véritable Initiation Magique ». A l’instar
des deux écrits précédents, ce livre comporte deux parties distinctes,
d’une part la présentation de la Théorie, grâce à laquelle je prépare
le lecteur à apprécier l’étendue de la discipline kabbalistique,
et d’autre part les pratiques en elles-mêmes[1]
Beaucoup de choses ont été écrites sur la Kabbale — partie
la plus ardue de la Littérature Occulte — mais en ce qui concerne
la pratique, peu d’éléments peuvent en être tirés. On a toujours
affirmé que celui qui s’adonne à cette étude doit bien connaître
l’Hébreu sous peine de ne pouvoir poursuivre plus avant. En effet,
la Kabbale, telle qu’elle est habituellement transmise, apparaît
dans de nombreux livres comme étant d’origine hébraïque et comme
devant divulguer à l’étudiant une philosophie de la vie, axée sur
l’exemple des Kabbalistes. Toutefois, le nombre d’ouvrages faisant
aussi état de la pratique et du maniement de la Véritable Kabbale
est très limité. Quelques religieux, de confession israélite, les
Rabbins, connaissent cette Science mais, probablement en raison
de leur mode de pensée orthodoxe, ils la gardent strictement confidentielle
et ainsi, même quelques parcelles de pratique demeurent inconnues
du public.
Les nombreuses descriptions que font les Kabbalistes de ce Savoir
n’offrent même pas une Théorie détaillée à l’étudiant sérieux et
elles ne font, a fortiori, aucune allusion à quelque révélation
authentique en matière de pratique. Tout au plus, est livrée une
représentation philosophique du Microcosme et du Macrocosme. Cependant,
celui qui entreprend cette étude ne tirera pas une quelconque philosophie
de la vie fondée sur la Kabbale parce que d’une part il ne pourra
pas trouver sa voie dans les idées confuses qui lui sont présentées
et, d’autre part, il demeurera plongé dans les ténèbres du fait
des contradictions apparaissant dans ces différents ouvrages.
Le présent livre offre à la fois des enseignements théoriques et
pratiques, ces derniers étant plus particulièrement étendus ainsi
que le souhaite tout étudiant sérieux. Faire, dans un seul ouvrage,
un exposé exhaustif sur ce qui peut être compris de la Kabbale s’avère
évidemment impossible pour de multiples raisons d’ordre technique.
Cependant, j’ai pris la peine de rassembler les perles de cette
Science merveilleuse en un très beau collier et en agissant ainsi,
j’ai tenu compte des Lois de l’Analogie Universelle relatives au
Microcosme et au Macrocosme. D’ailleurs, si l’on veut décrire la
Kabbale dans sa globalité, il ne peut en être autrement. De plus,
j’ai fait état aussi rarement que possible des termes hébreux généralement
usités, préférant employer un vocabulaire accessible à tous. En
tout état de cause, celui qui étudiera ce livre, retirera des idées
tout à fait nouvelles et fiables sur la pratique de cette Science.
Pour se convaincre soi-même de la réalité de cette pratique, on
doit absolument bien maîtriser le contenu de mes deux précédents
ouvrages sinon le développement vers la Perfection de soi-même serait
entravé et prendrait beaucoup plus de temps et aucun succès ne s’ensuivrait
rapidement. Cependant, le lecteur qui n’abordera ce livre
que de façon théorique sera satisfait car il acquerra une connaissance
qu’il ne pourra trouver dans aucun autre écrit philosophique. Toutefois,
connaissance n’égale pas Sagesse. La première dépend du degré de
développement de l’intellect alors que la deuxième exige un épanouissement
dans son propre être des Quatre Qualités de l’Esprit. En fait, la
connaissance est pure philosophie et ne peut en elle-même faire
d’un être humain un Mage ou un Kabbaliste. Un érudit pourra discourir
sur la Magie, sur la Kabbale, mais il ne sera jamais capable de
comprendre véritablement les pouvoirs et facultés que recèlent ces
Sciences. En quelques mots, je viens donc d’expliquer au lecteur
la différence existant entre l’intellectuel-philosophe et le Sage
et il lui appartient soit de suivre le chemin aisé qu’est l’appréhension
du Savoir par le seul mental ou de progresser le long du Sentier
ardu menant à la Sagesse.
Même les peuples primitifs, à quelque race qu’ils appartinssent
et en quelque lieu qu’ils vécussent sur notre globe, eurent leur
propre religion ; ils adhérèrent de ce fait à une certaine
idée de Dieu et par conséquent à une sorte de Théologie. Chaque
Théologie possédait une face exotérique et une autre, ésotérique.
La première était celle qui était divulguée aux masses, l’autre
était réservée aux Initiés et aux Grands Prêtres. Or, ni la Magie
ni la Kabbale ne faisaient partie des enseignements exotériques.
C’est pourquoi, seuls des Initiés furent des Mages et des Kabbalistes
au sein de ces peuples.
En effet, depuis la nuit des temps, il a été recommandé de garder
cette Sagesse strictement confidentielle, d’une part pour préserver
la charge de la Puissance opérative, d’autre part pour ne pas perdre
l’autorité sur les masses et enfin pour prévenir tout abus. Cette
tradition s’est conservée jusqu’à nos jours et bien que mon ouvrage
soit destiné à apporter un savoir exhaustif au lecteur, ce dernier
trouvera cette connaissance mais pas la Sagesse. En fait,
il devra ensuite s’efforcer d’acquérir par lui-même cette dernière
grâce à une pratique sincère et le degré qu’il sera susceptible
d’atteindre dépendra également de sa maturité et de son développement
personnel. Mon livre ne conduira à la plus pure Sagesse que l’homme
réellement mûr, c’est à dire l’Initié. Ceci permettra
de laisser se creuser le fossé entre l’érudit et le Sage et de ne
pas contrevenir à la Loi du Silence malgré le fait que je publie
ici les plus hauts secrets et les Vérités les plus élevées. A l’intellectuel,
la Sagesse demeurera toujours cachée alors qu’elle sera entièrement
révélée au seul Initié.
La Science Kabbalistique, c’est à dire la Théurgie, est très ancienne
et trouve ses origines en Orient. Les Sages de l’Aube de l’Humanité
ont laissé les plus importants de leurs secrets transcrits en langage
symbolique — la Langue Métaphorique —, tel celui qui apparaît
au travers des Hiéroglyphes d’un ancien peuple : les Égyptiens.
Ceux-ci ne pouvaient faire état de leur Sagesse qu’au moyen du Langage
Métaphorique, c’est à dire de façon symbolique[2].
Cette Sagesse demeura donc inaccessible aux hommes spirituellement
peu évolués, en d’autres termes, à ceux qui n’avaient pas atteint
le degré de maturité nécessaire permettant ensuite d’entreprendre
le développement de leur propre être, à l’aide d’un Maître, d’un
Gourou. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, tous les ouvrages initiatiques
authentiques s’accordent pour dire que sans Initiation personnelle,
cette quête de la Sagesse s’avère, sinon impossible, du moins très
dangereuse. Le véritable Initié devait expliquer graduellement à
son disciple le sens de ces écrits symboliques, c’est à dire en
quoi consistait le Langage Métaphorique, en tenant compte du degré
d’évolution atteint par cet étudiant. Ce dernier se familiarisait
petit à petit avec le Langage du Maître et devenait capable de découvrir
la Sagesse qui y était cachée.
C’est ainsi que jusqu’à nos jours, cette Science Divine fut transmise
d’individu à individu selon la plus pure Tradition. Toute explication
donnée par le Maître au disciple était octroyée par inspiration
et ce que le Maître souhaitait voir compris devenait donc ainsi
subitement très clair. Cette Illumination, c’est à dire cette Initiation,
était diversement appelée en Orient « Abishéka »
ou « Ankhour ». Jamais un
Maître ne révélera le véritable secret de la Sagesse à l’homme peu
préparé ou spirituellement immature mais il ne fait aucun doute
que certains Mages et Kabbalistes cachaient derrière leurs écrits
la plus Grande Sagesse. Toutefois, comme je l’ai précisé, celle-ci
était voilée par le Langage Symbolique et ainsi, si elle tombait
par hasard entre les mains d’une personne au développement ordinaire,
demeurait-t-elle inaccessible et inexplicable. Cependant, il arriva
que certaines de ces personnes d’évolution moyenne voulussent expliquer
la Sagesse selon leur propre compréhension et il va sans dire que
ces explications étaient très éloignées d’une interprétation authentique.
En effet, les nombreux écrivains qui réussirent à s’emparer des
écrits laissés par des Initiés orientaux firent toujours la même
erreur : ils traduisirent le contenu dans le langage de l’intellect,
suivant une interprétation littérale. N’étant pas assez matures,
car insuffisamment évolués sur le plan spirituel, pour en extraire
la signification exacte et ne comprenant pas le Langage Symbolique,
ils chargèrent ainsi la Littérature Occulte de données erronées.
Aujourd’hui encore, personne ne peut imaginer combien de pratiques
absurdes ont de cette façon été publiées.
Afin que l’Initié puisse progresser avec la plus grande sécurité,
j’ai transformé dans ce livre le Langage Symbolique en langage usuelle,
accessible à l’intellect, rendant ainsi compréhensible ce Chemin
de l’Hermétisme Véritable qu’est la Kabbale ou « Mystère
du Verbe ».
Franz Bardon
[1] NdT. Pour respecter ce qu'affirme l'auteur lui-même,
nous avons également constitué deux parties. En effet, dans les
autres éditions en langues étrangères nous trouvons trois parties
: la première traitant de la théorie et les deux autres de la
pratique.
[2] NdT. Par les nombres, les couleurs et les sons,
puis des figures géométriques, des dessins et enfin des images.
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