La discrétion du travail des Adeptes

« Les Saint Germain et les Cagliostro de ce siècle, se souvenant des amères leçons tirées des humiliations et des persécutions du passé, emploient aujourd’hui une tactique différente…. »
W. Mackenzie [1]

Cette page s’adresse à l’Occidental car en Orient, non seulement les Adeptes sont reconnus, acceptés, loués et vénérés, mais les Orientaux ont l’habitude d’approcher des Êtres spirituellement très développés ; ils ne s’attachent pas à leur apparence (parfois négligée) mais recherchent plutôt, sinon leur Enseignement, du moins leur Bénédiction.

L’Occidental intéressé par tout ce qui concerne les Adeptes se demande, en toute légitimité, pourquoi Ceux-ci ne se manifestent pas en tant que Tels au public, à tous les êtres humains. Et de fait, puisque le but des Maîtres est d’aider l’Humanité, pourquoi restent-ils hors de la portée de cette dernière ?

Groupe 2

La réponse, quelque peu elliptique, est que, compte tenu de la psychologie et du mode de penser actuel des hommes, l’Adepte ne serait d’aucune aide pour quiconque car Il ne serait ni reconnu ni accepté comme Tel ; de plus, ce qu’il demanderait à celui qui éventuellement souhaiterait être aidé paraîtrait sinon inacceptable du moins incongru tant les valeurs humaines diffèrent des siennes.

En fait, faire des « miracles » et délivrer un Enseignement Métaphysique lié aux Vérités Occultes pour le bien fondamental des êtres humains (ce bien étant le plus essentiel, le seul bien qui puisse être fait, en vérité : lui donner les clés de son Évolution hors de ce monde de matière) n’a jamais rien valu de bon à Ceux Qui s’y risquèrent… Gautama le Bouddha ne fut pas accueilli dans l’Inde qui Le vit naître, Pythagore de Samos dut fuir Crotone pour éviter de périr dans les flammes, et Jésus, qui porta le Christ au monde, fut crucifié….

Nous, êtres humains, n’avons pas la capacité suffisante pour :

  • reconnaître un Adepte lorsqu’Il s’affirme comme Tel (encore faut-il, pour ce faire, qu’Il se mêle ordinairement à nous et qu’Il fasse cette affirmation) ; aveugles et insensibles la plupart du temps à sa vibration, nous passons à côté de Lui sans Le « voir » ;
  • lorsqu’Il ne dit pas grand chose de Lui-même mais qu’Il laisse paraître « un peu » de ce qu’Il est vraiment, nous nous empressons de renier cet État, pour le ravaler à notre niveau en cherchant en Lui ce qu’il peut avoir d’humain (sa façon de manger, de se vêtir, une ride par-ci, un bouton mal cousu par-là, etc.) ;
  • lorsqu’Il accomplit des « prodiges » pour nous aider, nous les constatons en émettant aussitôt les doutes sur ceux-ci (nous pensons qu’une supercherie se cache quelque part) que notre bel intellect, marqué par le scientisme et un siècle et demi de positivisme, ne manque pas d’entacher.

Pourquoi avons-nous généralement pareille réaction ? Parce que :

  • nos sens subtils (notre vision des mondes ou plans immatériels, notre intuition, etc.) ne sont pas développés car notre évolution spirituelle est encore très défaillante ;
  • nous avons les défauts — ou une structure psychologique et mentale — qui tendent à salir ou du moins à altérer notre appréhension de ces Êtres : nous rechercherons immédiatement leurs défauts et tout ce qui pourrait amoindrir leur grandeur au bénéfice de la valorisation de notre propre « égo » ;
  • notre subconscient, porteur d’énergies négatives et destructrices, s’oppose, en fait à la transmutation qu’exigera la présence même de l’Adepte ; il se cabrera en animal qu’il est et nous-même, nous ne saurons pas d’où vient ce malaise ou ce rejet que nous pourrions ressentir à Son Approche ou simplement à son Enseignement.

Dans cet ordre d’idée, nous avons précisé dans une autre page de ce Site (voir « Le Programme des Adeptes ») que lorsque la Confrérie secrète d’Adeptes délivrait un Enseignement susceptible d’aider l’Humanité — afin que par cette Connaissance, celle-ci puisse progresser spirituellement et se délester, donc, de ses appétits matériels — non seulement le Message était refusé mais que la plupart du temps, l’Émissaire — c’est-à-dire le Disciple, porteur de ce Message et exposé de ce fait aux hommes — était mis en pièces… En fait, le Subconscient collectif ne veut pas se vider, il refuse d’être transmuté ; il déchaîne alors ses colères pour anéantir tous les efforts des Adeptes pour éclairer l’humanité.

Aussi, sommes-nous tentés de dire qu’au regard de l’Histoire, Maîtres et Disciples essaient de limiter les dégâts et ce, non pas pour leur propre confort mais pour l’efficacité de leur travail. Ils tentent de préserver celui-ci de la souillure qu’inexorablement — compte tenu des forces en présence sur notre planète — sera lancée sur lui.

L’action de ces Grands Êtres, dans son aspect occulte, exige, pour une efficacité soutenue, certaines conditions liées à l’environnement géographique sinon géologique que les hautes montagnes offrent :

  • l’altitude permet un usage exceptionnellement efficient de la Force appelée Kundalini ;
  • la pureté de l’air et la raréfaction de l’oxygène agissent sur le flux du feu mental et sur la puissance du souffle, tous deux étant des facteurs très importants d’une action sur les plans ou mondes subtils ;
  • la qualité de l’électromagnétisme ambiant, relativement pur — infiniment plus pur au regard de celui qui prévaut dans les grandes villes et dans les vallées en général — favorise une action efficace.

C’est pourquoi, loin de la présence humaine, porteuse d’une perturbation que nous devinons sans difficulté, plongés dans un environnement élémental allégé et revigorant, les Adeptes peuvent œuvrer dans le silence, en retrait des hommes mais pour le plus grand Bien de ces derniers.


[1] « Royal Maconic Enyclopaedia ».