Les Lettres des Mahatmas

une énigme dormant au British Museum

 

Le second problème — et non le moins important — que la Société de Recherche Psychique de Londres s’était arrogé le droit de soumettre à sa « haute autorité », en 1885, était la remise en question de l’identité des auteurs des « Lettres des Mahatmas ».

Une contre-expertise fut demandée, dès 1886, par un expert allemand, un an après celle que fit Hodgson.

 

  1. – Une contre-expertise à celle qui a été rapportée
    par Hodgson

Avant d’exposer les conclusions à ce sujet du Dr Harrison, l’attention doit être portée sur une pièce, présente au dossier dès 1886, dont se sont bien gardés de faire mention les détracteurs de Mme Blavatsky : le rapport d’un autre Expert que Netherclift, faisant état d’un avis contraire à celui de ses confrères en affirmant que l’écriture de Mme Blavatsky n’avait rien de commun avec celle des Mahatmas.

Cette contre-expertise graphologique fut demandée, au début de l’année 1886, au plus renommé des Experts en écriture allemands, Ernst Schutze, par M. Gustav Gebhard. Ce dernier avait reçu la fameuse lettre du « Mahatma K. H. » (Kout Houmi), tombée derrière un tableau à son domicile d’Elberfeld (Allemagne). Gustav Gebhard soumet donc à l’expert cette lettre de « K. H.» (marquée « B ») conjointement à une lettre de la main de Mme Blavatsky (marquée « A »).

À sa question sur la possibilité d’imputation des deux écrits à la même personne, il reçoit la réponse qui suit :

« Berlin, le 7 février 1886.

« Au Conseiller de commerce Gebhard, Eberfeld.

« Vous voudrez bien m’excuser de vous envoyer aujourd’hui seulement le témoignage demandé, car j’ai été très absorbé par d’autres affaires. Je l’ai fait aussi complet que possible; mais je dois vous assurer positivement que si vous avez cru que ces deux lettres venaient de la même main, vous avez commis une erreur complète. Je suis, etc… »

« (Signé) : Ernst Schutze

« Calligraphe de la Cour de Sa Majesté l’Empereur d’Allemagne,
11, Kochstrasse »

 

(Le contenu du rapport de l’expert est publié dans « The Letters of H.P. Blavatsky to A.P. Sinnett » – Theosophical University Press, 1973, p.349).

Même René Guénon, grand détracteur de Madame Blavatsly devant l’Eternel, déclara dans la seconde édition de son livre, « Le Théosophisme — histoire d’une pseudo-religion » : « Il paraît qu’un Expert en écritures fut d’un avis contraire à celui de ses confrères et affirma que l’écriture de Mme Blavatsky n’avait rien de commun avec celle des « Maîtres ». (Guénon R.- « Le Théosophisme – histoire d’une pseudo-religion » – p. 319).

La contre-expertise dont il s’agit est, en effet, reproduite in extenso en appendice du livre de A. P. Sinnett « La Vie extraordinaire de Madame Blavatsky », lequel constitue la source principale et éminemment accessible concernant les épisodes de la vie de Mme Blavatsky, car Sinnet a été un témoin occulaire important de cette » vie » si « extraordinaire »… Que René Guénon citât ce document tout en continuant de mépriser le contenu du livre — un authentique témoignage — qui porte en appendice ledit document, prouvait combien sa démarche ne se fondait par sur une recherche rationnelle des faits concernant H.P.B. mais sur un parti pris passionnel sur lequel lui seul eût pu s’expliquer…

A.P. Sinnett fit état d’un second échange de correspondance dans lequel G. Gebhard soumit à l’Expert un troisième échantillon de l’écriture du même Mahatma (marquée « C »).

La réponse de l’Expert est la suivante :

« Berlin, 16 février 1886.

« Au Conseiller commercial Gebhard, Elberfeld.

« J’ai l’honneur de vous envoyer le témoignage demandé sur la deuxième lettre. Cette lettre a été écrite par la même main que la lettre B ; et il n’y a pas la plus lointaine ressemblance entre A et C. La lettre A, qui est écrite à l’encre, n’a pas la moindre ressemblance avec la lettre B, au point de vue de la calligraphie et les écritures sont différentes. Je rends témoignage d’expert, sur le serment que j’ai prêté une fois pour toute, comme expert en écritures.»

« En vous donnant cette assurance, je demeure,… etc.. »

« (Signé) : Ernst Schutze

« Calligraphe de la Cour de Sa Majesté l’Empereur d’Allemagne,
11, Kochstrasse » (Op. cit. p. p. 247-248)

« A » est l’écriture du Mahatma Kout Houmi et « C » est celle d’H.P.B.

 

  1. – Analyse graphologique des Lettres des Matamas   effectuées par Hodgson et revue par le Dr Harrison

Avant de poursuivre notre exposé, il nous faut savoir préciser trois points importants relatifs aux Lettres envoyées par les Adeptes : la distance séparant l’auteur des lettres du destinataire ; la manière étrange dont ces lettres parvenaient au destinataire ; enfin, la façon, non moins étrange dont elles étaient rédigées.

  1. Une grande distance séparait le ou les auteurs des lettres et les destinataires respectifs : de fait, les missives envoyées par les Adeptes Morya, Kout Houmi, Hilarion et Sérapis, à différents destinataires qui ne résidaient pas en Inde (comme A.P. Sinnet, lorsqu’il reçut la majorité de ses lettres, ou A.O. Hume) mais en Amérique (le Colonel Olcott avant 1878) et la famille Gébhard (à Eberfeld en Allemagne) ; certaines furent même reçues alors que le destinataire se trouvait en pleine mer, sur un paquebot…
  2. Ces lettres parvenaient à leur destinataire d’une manière étrange qui relève encore du pur « mystère » pour la Science Occidentale. En effet, ces lettres étaient « trouvées » par le destinataire en un endroit quelconque de son appartement alors que leur auteur résidait au-delà de la chaîne himalayenne.
  3. Ces lettres étaient soient concrètement et matériellement écrites de la main-même de l’Adepte, soit « précipitées » (suivant un procédé lié à la visualisation et à la projection de l’image sur le papier), soit dictée à un Disciple, résidant loin du Maître mais ayant la faculté de capter la présence psychique de ce dernier (projection astrale) ou l’ordre mental.

En conséquent, l’analyse de « l’authenticité » de ces lettres doit tenir compte de ces facteurs. Notons aussi, que c’est seulement lorsqu’il s’agit de « dictée » (donc de « copie » de la main d’un Disciple) que l’allégation de « fraude » peut se comprendre eu égard à l’ignorance d’un Occidental des facultés occultes humaines et de l’ABC des Sciences Occultes.

A. P. Sinnet, un des destinataires de ces lettres, déclara d’ailleurs à propos des échantillons pris par Hodgson parmi toutes les lettres qu’il avaient reçues : « Le n° 1 est le premier feuillet de la première lettre que j’ai jamais reçue de lui, certainement à travers une autre main… Le n° 5 provient d’une lettre qui est très certainement de la propre écriture de K. H.» (Loc. cit., p. 296 – c’est nous qui soulignons).

De plus, le Mahatma Kout Houmi, n’a jamais dissimulé qu’il écrivait très rarement lui-même ses lettres avant que celles-ci soient « précipitées » par des moyens « occultes » (écrite par projection mentale). L’écriture personnelle du disciple employé comme « secrétaire », fut-ce par des moyens psychiques, pouvait apparaître d’autant plus aisément que les disciples indigènes avaient, pour certains, appris la langue anglaise ainsi que l’écriture de cet idiome auprès du Maître ; ce fut même en partie le cas d’H.P.B. Pourquoi alors confondre délibérément l’auteur d’une lettre et son copieur et nier, de ce fait, l’existence même de cet auteur sous pretexte qu’il a existé un « copieur »… Evidemment, tout cette argumentation ne vaut que pour les lettres « dictées ».

Le péremptoire avec lequel le Comité de la Société de Recherche Psychique de Londres rendit son verdict sur la fabrication des « Lettres des Mahatmas », par la main de Mme Blavatsky et de Damodar (vivant à des milliers de kilomètres d’Elberfeld), rencontre une contradiction de poids.

Les lettres en question dans l’expertise engagée par Hodgson sont un échantillon limité d’une masse considérable de documents dont la plus grande partie est constituée par les « Lettres de Kout Houmi », ainsi que les nomme son Rapport, lesquelles furent reçues par A. P. Sinnett entre 1880 et 1882, aux Indes.

Les mêmes experts qui étaient intervenus sur le dossier des « lettres Blavatsky-Coulomb » rendent un verdict aussi catégorique que dans ce premier cas : leur attribution à la main de Mme Blavatsky et à celle d’un « complice» , en la personne du disciple Hindou Damodar K. Mavalankar ne fait, de leur part, aucun doute.

Netherclift et Sims, derrière lui, les deux Experts choisis par Hodgson, démentirent d’abord catégoriquement l’attribution à Damodar d’une « lettre de Kout Houmi » qu’on leur montra, et cela à « la grande surprise » d’Hodgson. Netherclift signait encore son second rapport en ces termes : « Il est tout à fait impossible que Damodar ait pu accommoder son style habituel pour imiter celui de K. H » .

Le Dr Harrison précise à ce sujet :

« De l’aveu d’Hodgson, l’expert n’accepta de considérer les analyses qu’il [l’expert] voulait lui soumettre que, parce que celui-ci [Hodgson] pensait lui [à l’expert] prouver que « la conclusion à laquelle il [l’expert] était parvenu était erronée »

(Loc. cit, p. 295)

Hodgson parlait de « ses analyses ». C’était qu’en effet, au moment du retournement d’opinion de l’expert sous la pression d’ Hodgson, les documents originaux n’étaient plus à disposition pour une nouvelle étude; ils étaient repartis aux Indes. Netherclift en vint alors à la « conviction profonde » que les lettres en question « étaient écrites par Damodar en imitation étroite du style adopté par Mme Blavatsky dans les» papiers K. H. » » (Loc. cit., p. 295)

Nous allons voir de quelle nature sont les documents dont dispose alors Hodgson. Mais déjà, pour le Dr Harrison, qui se prononce lui aussi en tant qu’Expert, la situation est déontologiquement inadmissible ; il dit : « Je trouve les efforts d’Hodgson, intempestifs et couronnés de succès, pour influencer le jugement de l’expert, hautement inacceptables. Aucune cour anglaise n’accepterait un rapport dont on sait qu’il a été obtenu dans de telles conditions.» (op. cit.,p.295)

Hodgson prétendit établir un constat fondamental : l’écriture de Mme Blavatsky et celle de Damodar — qui présentaient, selon lui, une évolution très progressive, étalée sur quatre ans — étaient celles là-mêmes qui servirent à écrire les lettres attribuées au « pseudo Mahatma K. H ».

Pour ce faire, il fonda sa démonstration sur cinq « lettres de K. H. » (1 à 5) qu’il prétendit être représentatives de toute la série des lettres. Mais déjà à ce stade initial, les experts Gribble et Netherclift le contredisent.

Cette première énormité, en terme d’échantillonnage (il y a en tout près de 130 lettres, alors pourquoi n’en sélectionner que cinq ?), fut doublée d’un traitement des données du problème de façon très perverse.

En effet, Hodgson commença par prendre comme objet de démonstration un échantillon d’une première lettre, datée d’octobre 1880 (« K. H. N° 1 ») attribuée à la main de Damodar. Il choisit comme objet d’observation quatre caractères : f, g, k, et y, lesquels montraient, selon lui, une évolution aboutissant au modèle final de l’écriture de K. H. en 1884 (« K. H. N° 5 »).

Les figures 1a et 1b sont des reproductions photographiques du Rapport d’Hodgson et montrent le développement revendiqué pour le f et g. Hodgson donne une série semblable pour les lettres k et y, mais le développement est moins saisissant
Pour plus de détail, voir le site (en anglais) de la Theosophical University Press

Mais, nous l’avons souligné, dénoncer Damodar comme scripteur de ce document, revient à enfoncer une porte ouverte.

Il faut ensuite remarquer que parmi les 22 lettres de l’alphabet, Hodgson n’en choisit, pour son observation que 4 ! Ce furent aussi, nous allons le voir, sur des « copies de copies » que porta l’analyse et non sur des originaux !

Si Hodgson avait pu réellement démontrer la même identité de l’auteur pour l’ensemble des lettres écrites sur cinq ans en ne se basant que sur 4 lettres de l’alphabet, sa démonstration aurait été bien mince eu égard au fait qu’il restait encore 18 caractères non étudiés !

Mais même sa démonstration défaillit. Il fournit en effet la « reproduction » d’une seconde série de sept lettres (I à VII), allant de novembre 1880 jusqu’à 1884, et à propos desquelles V.Harrison observe : « Nous sommes ainsi fondés à nous attendre que cette série doive montrer un développement similaire de style. Or elle ne montre rien de semblable. K. H. (I) [novembre 1880] est pleinement « développée» … Huit f sont montrés, tous étant dotés d’une boucle à la partie supérieure d’une façon telle qu’elle s’accorde parfaitement avec la manière de K. H. (V) Figure 1a [1884] … La même remarque s’applique aux g.» (Op. cit., p. 297)

Lettre répertoriée K. H. (I)

L’écriture évolue donc dans le sens inverse de celui qui fonde son argumentation ! Toutefois, l’enquêteur du Comité de 1885 se garde bien de souligner ces contradictions, lesquelles abolissent pourtant sa « démonstration».

Le Dr Harrison précise : « Soit Hodgson ne remarqua pas que l’évidence de sa planche 2 contredit totalement son argument, soit il choisit de l’ignorer, se concentrant sur des exemples soigneusement choisis pour étayer son réquisitoire. Autant pour son impartialité….La plupart des lettres de K. H. sont conservées à la British Library, et je trouve, après examen de celles-ci, que l’écriture « complètement développée » de K. H., est conforme sous tous rapports aux premières lettres de K. H., lesquelles avaient été reçues aussi tôt que le 29 octobre 1880. D’autres lettres furent écrites dans des écritures très semblables à celle de K. H. mais néanmoins distinctes; celles-ci peuvent avoir été écrites par des scribes…Il n’y a aucune évidence du « développement » annoncé par Hodgson dans l’écriture de K. H.» (Op. cit., p. 297)

Cinq autres lettres tombèrent ensuite sous l’analyse d’Hodgson. Le « second constat » d’Hodgson ne résiste pas davantage examen que le premier à un examen scrupuleux.

Le Dr Harrison recourt à une analyse précise de la reproduction des planches fournies par Hodgson dans son Rapport ; dans ses développements techniques mais, au demeurant, très limpides de son article (op. cit., p. 297 à 308) il fait, quant à lui, plusieurs constats.

  • Il existe davantage de dissemblances que de ressemblances comme l’affirma Hodgson (un seul élément caractéristique est d’ailleurs invoqué par Hodgson : une simple boucle) dans les caractéristiques des lettres précitées. Le Dr Harrison s’étonne : « Il est assez peu surprenant de découvrir maintenant qu’il y a des différences systématiques dans les écrits de K. H. et l’écriture reconnue d’H.P.B., qu’Hodgson ne mentionne pas.»(Op. cit., p. 306)
  • La différence est persistante et significative » entre les deux écritures. Sa conclusion sur les planches du Rapport Hodgson mais aussi sur les lettres qu’il a examinée au BritishMuseum est catégorique : « Chaque fois qu’elle faisait un f, un g, un h, un p, un n ou un m, elle avait à effectuer les tracés justes en même temps qu’elle devait maintenir la fluidité et devait éviter tout retour à son style normal. Les documents K. H. que j’ai examinés à la British Library sont fluides dans leur exécution et ne montrent aucun signe d’hésitation. Je ne puis trouver aucune évidence qu’H.P.B. les ait écrits et j’en trouve de significatives du contraire ». (Op. cit., p. p. 307-308)
  • Ce ne furent pas des originaux qui furent été étudiés par Hodgson et ses experts mais des copie de la main-même d’Hodgson qui avoua « elles sont copiées de ma propre main à partir des documents originaux et, par conséquent, beaucoup d’entre elles montrent une apparence de tremblement qui n’est pas caractéristique du manuscrit original, laquelle eût été évitée si le travail avait été fait entièrement par l’artiste lithographe.» (Rapport Hodgson, p. 294). Voilà donc le matériel utilisé pour les démonstrations d’Hodgson ! Non pas les originaux mais des copies « tremblantes » d’Hodgson et celles de la main de l’artiste, d’après les originaux ! Le Dr Harrison, dont ces techniques sont la spécialité, apporte la précision suivante : « La référence à un « artiste lithographe » implique que les copies furent tracées, directement à la main, sur les planches, par un artiste qui observait le matériel à copier dans un miroir et qui utilisait un crayon chargé d’encre grasse…» (Op. cit., p. 293). V. Harrison s’étonne, de plus, de l’emploi de pareille méthode, alors qu’il existait, en 1884, d’excellentes photolithographies directes, employées depuis des décennies. Les conséquences de l’emploi de « copies » effectuées par l’enquêteur et non pas des originaux l’amènent le Dr Harrison à considérer comme nulle la valeur du document. Il en en fournit l’explication technique suivante : « … en examinant des lettres ou des signatures suspectes, on ne doit pas accorder beaucoup d’attention aux traits généraux de l’écriture, dans la mesure où l’on peut tenir pour acquis que ces caractères seront suffisamment bien respectés pour être trompeurs, à moins que la contrefaçon soit très grossière. Ce sont les petits maniérismes inconscients qui sont révélateurs. Précisément, parce qu’ils sont inconscients, ils tendent à persister pendant des années ou même une vie entière; et ils sont difficiles à éradiquer. La fluidité de l’écriture et la variation de pression qui apparaît, tandis que les lignes sont tracées, peuvent être d’une importance suprême. Dans les meilleures photocopies ou les épreuves photographiques, le détail le plus essentiel de l’original est perdu.» (Op. cit., p. 293).
  • Une énigme émerge quant à la manière dont ces lettres (pour la plupart) ont été écrite, énigme facilement obsevable puisque le Dr Harrison a eu en mains les originaux, déposés au British Museum (et non des copies. Notre expert de 1986 remarque que ces lettres que celles-ci « semblent avoir été écrites ». Il souhaiterait avoir confirmation, par des analyses adéquates, que ces documents fussent bien rédigés dans les encres de l’époque. Ceux-ci présentent, en effet, le caractère singulier de ne pas présenter les traits d’un écriture tracée avec des instruments ordinaires. Les lettres écrites en bleu présentent un graphisme dont V. Harrison n’a pu reproduire le type en usant des procédés mécaniques indiqués par Mme Coulomb. Celles qui sont écrites en noir sont, selon lui, « également fascinantes ». L’expert note un fait hautement significatif, qu’il n’a garde toutefois d’interpréter :« Les marques noires semblent être à l’intérieur du papier plutôt qu’à la surface » : une imprégnation du papier plus qu’un tracé à la surface de ce dernier…. L’article du Dr Harrison comporte d’autres observations concernant les matériaux énigmatiques utilisés et remarque qu’à défaut d’analyses physico-chimiques plus précises, il est difficile d’affirmer quoique ce soit de plus pour le moment.

Le docteur Harrison fit deux expériences de comparaison d’écritures selon les critères et méthodes retenues par Hodgson, démontrant ainsi avec certitude la futilité d’essayer de tirer des conclusions valables et définitives de l’examen de lettres arrachées à leur contexte.

La première expérience montre que, telle Madame Blavatsky, Mark Twain emploie — sans faire de distinction — ce qu’Hodgson appelle les « types » de « d » allemand et anglais. Certes, l’écriture de Mark Twain n’est pas la même qu’HPB, mais elle contient tant de particularismes du style « Blavatskien » que, employant les méthodes d’Hodgson, il pourrait s’avérer qu’HPB ait écrit « Les Aventures de Tom Sawyer »

La seconde expérience porte sur des lettres écrites, non pas par Madame Blavatsky, mais par le Président Eisenhower. La ressemblance de son écriture et de celle d’HPB est vraiment extraordinaire. Grâce à la courtoisie de l’Ambassadeur John S. D. Eisenhower, le docteur Harrison fut en mesure d’examiner une des lettres personnelles de l’ancien président, écrite à la fin de Deuxième Guerre mondiale. En employant les méthodes d’Hodgson, on pourrait prouver « sans aucun doute » que la « Doctrine Secrète » fut écrite par Dwight David Eisenhower.

Le Dr Harrison conclut finalement ainsi : « J’ignore qui a écrit les lettres de Mahatmas, mais je ne trouve pas vraisemblable d’affirmer que Madame Blavatsky les ait écrites — la plupart d’entre elles en tout cas. Ceci est mon opinion professionnelle.» (Op. cit., p. p. 307-308)

Nous recommandons aux lecteurs intéressés par ces lettres d’aller au British Museum et d’en faire eux-même l’observation.

Séparateur