Les Maîtres et la rédaction des deux Œuvres fondamentales d’Helena Petrovna Blavatsky :

«  Isis Dévoilée » et « La Doctrine Secrète »

« Bien qu’Isis Dévoilée et La Doctrine Secrète soient considérées par les Théosophes comme étant le fruit d’une collaboration entre Mme Blavatsky et ses Mahatmas, aucun de ces livres ne fournit une information importante sur les mystérieux Adeptes qui patronnent la Société Théosophique. »

(op.cit.p.131).

Il est vrai que le contenu intrinsèque de ces ouvrages ne révèle rien de ce qui concerne les Mahatmas car tel n’était pas le but de ces écrits. Il s’agissait de délivrer un Enseignement global sur la Philosophie Occulte. Pourquoi alors Paul Johnson fait-il ce reproche à ces livres ? Il semble mettre en doute la collaboration des Maîtres avec H.P.B. pour écrire ces ouvrages en ignorant délibérément les nombreux témoignages qui vont, au contraire, dans ce sens : ceux d’Olcott, de C. Wachtmeister, Hübbe Schleiden, des deux Keithley, etc.

« Et après que sa relation [celle d’HBP] avec ses Instructeurs Indiens eut pris fin, elle continua… »

(op.cit.p.118).

Cette question est corollaire de la précédente. Selon Paul Johnson, le Mahatma Morya (pour lui, le Maharadja du Cachemire, Ranbir Singh) est mort le « 12 septembre 1885 » (cf. supra).

Ainsi, la rédaction de La Doctrine Secrète, de 1886 à 1888, n’implique aucune participation de sa part. L’auteur n’envisage pas davantage celle du Mahatma Kout Houmi, lequel aurait cessé, selon lui, toute correspondance à partir de 1885. D’une part, l’arrêt dans les contacts avec Sinnett n’implique aucunement l’arrêt de ceux que le même Maître entretient avec H.P.B.

Mais surtout, pareille affirmation repose sur la négation implicite de l’authenticité d’un document par lequel les deux Mahatmas ont pris la peine d’attester eux-mêmes leur intervention directe dans la rédaction de la Doctrine Secrète :

  1. En 1886 le Docteur Hübbe Schleiden avait reçu un court écrit qui lui était adressé par voie « phénoménale » et qui comportait cette affirmation sans équivoque :

    « … c’est pour sa propre satisfaction [celle du Docteur] que le soussigné est heureux de lui donner l’assurance que La Doctrine Secrète, quand elle sera terminée, sera la triple production de (M.), de H.P.B. et de… (K.H.) votre humble serviteur. » Signé: K.H.

    Ceci était confirmé par le Maître Morya au dos de ce même papier. (C. Wachtmeister : « La Doctrine Secrète et Mme Blavatsky – Ed. Adyar – p.p. 178-179).

  2. Une lettre adressée à Olcott en 1888 par les mêmes moyens — en pleine mer, alors qu’il était seul dans sa cabine au large de Brindisi — comportait la même affirmation:

« Soyez assuré que ce qu’elle n’a pas emprunté directement à des ouvrages scientifiques ou autres c’est nous qui le lui avons donné ou suggéré. »

Lettres des Maîtres de la Sagesse, t.1, p. 66

Comment se fait-il que Paul Johnson prenne en considération les diverses Lettres émanant des Mahatmas jusqu’en 1885, attestant ainsi implicitement de leur l’authencité (sous l’identité qu’il reconnaît aux Maîtres) et qu’il ne prenne plus en compte, sans aucune explication, celles qui ruinent sa thèse au-delà de cette date ?